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Nous sommes sur une petite route montagneuse . Il est vrai que jusqu'à lors, celles empruntées étaient de plus grands axes . Quel plaisir, enfin quitter ces grosses routes bitumées . Vrai que la Colombie est un pays dangereux mais il n'en est pas moins beau et allez, ce n'est pas une grosse faute que d'enfreindre notre règlement initial et puis au dernier contrôle de police, les flics nous ont assurés qu'elle était très sure . Je savoure... Je regarde partout, en bas dans la vallée, à droite, à gauche, en haut . Oh en haut ! planqués dans les fourrés, j'ai cru voir des yeux . Enfin plutôt un uniforme genre treillis avec un bandeau autour du front . Gloups... Pas loupé, un peu plus loin au détour d'un virage, il y en a plein des petits hommes verts ... armés jusqu'au dents ... Un signe, on s'arrête . Bon, premier réflexe : les bottes . Elles sont en cuir . Les grands spécialistes prétendent que la guérilla porte systématiquement des bottes en plastique car ils vivent dans la montagne . Oui, ben justement, on y est dans la montagne et les grands spécialistes, ils l'ont suivi la mode automne-hiver 2002 de la guérilla colombienne, hein??? |
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Bon allez ce ne sont peut-être que les paramilitaires ....Hummm maman, pourquoi je ne t'écoutes pas quand tu me dis de ne pas traverser la Colombie . A 3 autour chaque moto, contrôle des papiers ... souris, souris Lulu mais non, ça ne sert à rien on ne voit rien sous le casque et les grosses lunettes . "Ouvrez les valises " Oh non, il me la font à chaque fois celle là ! Pourtant ils le savent bien que mes clefs elles sont dans le sac à dos qui est derrière moi planqué sous l'araignée et qu'à chaque fois il me faut une heure pour les trouver . Bon, je vais baragouiner : Alors, aka hay ropa y libros y papel... l'autre ? et bien ahi, tambien, ropa y libros y papel tambien ...Okay, okay ils me font, et là? en désignant l'énorme sac noir sanglé à l'arrière . Bon euh merde, j'ai plus de vocabulaire là ...Euh zapatas... Mouais, ils vont croire que je chausse du 48 ou que je me fous de leur gueule! |
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Ah ils sourient, ils se marrent franchement même et les questions habituelles fusent : D'où on vient, c'est quoi les motos et patati et patata . Bon, ben ils sont cool . Un bus s'est arrêté derrière nous . Ils font descendre les passagers et hop tous face au bus, les mains en l'air, fouille au corps . Allez surtout garder son calme, pfff zen ils ont été gentils les messieurs, on peut partir maintenant ? Oui ? Bien au-revoir messieurs, bien le bonjours chez vous . Un coup de kick, deux coups de kick, allez ma Belle, pas maintenant... démarre ... Yes ! Je passe la première . Sans demander son reste, Fred est déjà parti devant... |
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Fred, moi quoi, en effet, et ben il est devant, négocie en parfait artiste le premier virage à droite, bien content de prendre le large de ces sympathiques militaires pas très bien identifiés. Un coup d'oeil habituel dans le rétro pour savoir si je pourris Lulu ou si je bouchonne et qu'est ce que j'y vois ? Un militaire qui me court après avec tout son barda et en faisant de grands signes de la main qui ne tient pas son arme... Qu'est ce que se passe-t-il donc ? Bon, le bonhomme ne semble pas agressif et comme il manque Lulu à l'appel, je fais demi-tour et retourne au barrage. |
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Les passagers du bus sont toujours les mains en l'air le long du bus et Lulu sur sa moto, entourée de 3 militaires qui tiennent la moto fermement ... Tout semble donc normal... En fait Lulu a calé (enfin le DR a calé) et dans l'élan du démarrage, paf par terre ! D'où l'émoi bien compréhensible des jeunes qui ne la lâcheront pas facilement, lui rappelant son premier jour de vélo sans les petites roues... |